Au moment où j’écris cet article, je ne sais même pas par où commencer parce que j’ai beaucoup de choses à te dire. Je vais essayer de faire le plus court et concis possible. Donc, pour commencer si tu ne me connais pas encore, je m’appelle Jeanne alias Juanaxana, je viens de France et habite à Malte depuis 2020. Je suis diplômée d’un Bachelor en Commerce et Marketing. Je suis passionnée de voyage, j’adore découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles cultures, faire de nouvelles rencontres… Et puis, beaucoup diront que je suis trop sensible, trop compliquée, trop chiante, que je me prends trop la tête pour rien et j’en passe… Alors, qu’en réalité je suis juste hypersensible et c’est loin d’être un fardeau en soi… Il faut juste apprendre à vivre avec.

Qu’est-ce que l’hypersensibilité ?

L’hypersensibilité n’est pas une maladie mais un trait de personnalité, on ne peut donc pas “guérir” de l’hypersensibilité. Une personne dite hypersensible a un cerveau qui fonctionne différemment d’une personne non hypersensible. Le cerveau est composé de deux parties : gauche et droite. La plupart des personnes ont le cerveau gauche dominant quant aux hypersensibles, ils ont le cerveau droit. Mais alors qu’est-ce que ça veut dire “cerveau gauche” et “cerveau droit” ?

Voici une explication simple du fonctionnement du cerveau gauche et du cerveau droit :

Les personnes qui ont le cerveau gauche dominant, fonctionnent avec logique et rationalité alors que les personnes qui ont le cerveau droit dominant, fonctionnent plus avec les émotions et l’intuition.

Voici une définition simple pour comprendre ce qu’est l’hypersensibilité : “L’hypersensibilité n’est pas une maladie mais un trait de caractère qui se manifeste par une sensibilité extrême au monde qui nous entoure. “Dans hypersensibilité, on entend “sensibilité” et “hyper”. Cela signifie que l’on vit les choses de manière beaucoup plus intense que la plupart des gens et que l’on est dans l’incapacité de pouvoir se protéger des émotions de l’entourage, qu’il soit proche ou lointain.Source

Je pourrais en parler des heures, mais je voulais faire court pour pouvoir vous parler de ma propre expérience. C’est parti !

Comment j’ai découvert mon hypersensibilité et qu’est-ce que ça a changé pour moi ?

Alors, il faut savoir que depuis toujours on m’a caractérisée de “très sensible” voire “trop sensible”. Je pleure et me mets en colère très facilement. Ensuite, j’ai toujours senti un décalage entre les autres et moi, je me sentais différente et en dehors des cases. J’essayais tant bien que mal de m’adapter et de faire comme la société le disait mais ce n’était pas moi, je ne me sentais pas à ma place. On m’a souvent dit “mais tu es bizarre toi” ou encore “tu te prends trop la tête”, “t’es trop compliquée” et j’en passe… Donc, pendant longtemps je me considérais “bizarre”, “anormale”, “trop compliquée”. Chaque jour j’essayais de m’adapter au monde “lambda”, j’essayais d’être “normale”, comme tout le monde, mais en vain…. Je m’épuisais plus qu’autre chose à essayer de m’adapter à un mode de fonctionnement qui ne me correspondait pas du tout. Je ne comprenais pas pourquoi je n’arrivais pas à être comme les autres, à agir normalement, à ne pas me prendre la tête pour des choses banales. C’était très compliqué parce que je n’avais pas de réponse à mes questions. Au final, je ne me connaissais pas du tout, je ne comprenais pas mes réactions, c’était le flou total. J’en viens donc à mes premières relations amoureuses qui ont été très compliquées et même toxiques. Ne me connaissant pas moi-même, ça ne pouvait pas bien se passer puisque je ne pouvais pas expliquer mes réactions.

Ensuite, un événement a tout amplifié. Pour Noël 2014, le 24 après-midi on allait partir chez mes cousins, donc je me suis chargée de fermer les stores et à ce moment là, je m’en rappellerai toute ma vie, je ne saurai pas vous expliquer pourquoi ni comment, mais j’ai eu comme une intuition, j’ai senti que quelque chose allait se passer et la nuit du 24 au 25, j’ai très mal dormi. Quand on est rentré chez nous le 26, je suis la première à être entrée dans la maison et je me souviens avoir dit “tout est par terre”, sans vraiment réaliser ce qu’il s’était passé jusqu’à ce que ma mère dise “on s’est fait cambrioler ?”. Et là, je suis partie en crise d’angoisse comme jamais ça ne m’était arrivée auparavant. A partir de ce moment là, je faisais au moins une crise d’angoisse par jour, je dormais 4 heures par nuit avec la lumière allumée, le moindre bruit me réveillait, quand il y avait des oiseaux sur le toit je pensais que c’était quelqu’un, je n’osais plus rentrer chez moi, je ne me sentais plus en sécurité, à tel point que je me sentais mieux au lycée que chez moi. Je devenais folle, j’avais des flashs sans cesse où je revoyais les affaires par terre, la baie vitrée ouverte avec le store cassé, c’était vraiment insupportable. Je l’ai vraiment très mal vécu et en reparler me noue la gorge. J’étais clairement en choc post-traumatique et j’avais besoin d’aide, ça ne pouvait plus continuer comme ça. J’ai donc consulté une psychologue qui m’a aidée à surmonter cette épreuve. Ce qui m’a vraiment aidée ça a été la séance d’hypnose qui m’a permis de supprimer les flashs que j’avais et à me sentir de nouveau en sécurité.

Mais alors, comment j’ai découvert que j’étais hypersensible ? Comment j’ai enfin eu des réponses à mes questions ? Depuis que je suis expatriée, j’ai vécu les montagnes russes. J’ai commencé à m’intéresser au développement personnel, puis à essayer de comprendre pourquoi je réagissais différemment des autres. J’ai donc commencé à faire des recherches sur Internet, à lire des articles et là apparaît le mot “hypersensibilité” et dans ma tête quelqu’un qui est hypersensible c’était quelque chose de négatif, un fardeau… donc je me suis dit que je ne pouvais pas l’être, j’étais complètement dans le déni. Puis, quelques mois après je pense que l’univers voulait me laisser un message, je sentais qu’il fallait que je sache quelque chose. J’en ai discuté avec une amie et puis elle m’a envoyé un post Instagram et là ça a été une révélation. Je me suis dit “c’est évident, je suis hypersensible” et là j’ai commencé à avoir des réponses à beaucoup de choses qui se sont passées (mon intuition pour le cambriolage, mon sentiment de décalage, mes émotions très fortes, mes pensées débordantes, mon besoin de tout contrôler, mon problème avec l’injustice, mon besoin de liberté…), tout est devenu plus clair et logique. A partir de ce moment là, je n’ai plus cherché à m’adapter au monde lambda, ni à rentrer dans les cases. J’ai appris à plus m’écouter et à faire les choses en fonction de mes besoins et envies et non ceux de la Société. Je prends du temps pour moi, je reste seule quand j’en ai besoin et je dis “non” quand je n’ai pas envie. Maintenant, je me sens vraiment alignée avec mes valeurs et non celles qu’on veut nous imposer. Cette découverte m’a libérée d’un poids et chaque jour j’apprends un peu plus à me connaître. L’aventure d’un hypersensible est faite de montagnes russes au quotidien.

Pourquoi le voyage est si important pour moi en tant qu’hypersensible

En voyage, je vis des émotions très fortes, je ressens une joie immense. Mes 5 sens sont stimulés plus que jamais et ça m’aide à me sentir bien et alignée. Me lassant très vite et n’aimant pas trop la routine, le voyage me permet d’échapper à tout ça et de me sentir plus libre. Voyager me permet de vivre de nouvelles expériences, de faire de superbes rencontres, de découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles cultures.

Les difficultés que j’ai rencontrées en tant qu’expatriée

Pour être honnête, avant de vivre à l’étranger je n’avais pas du tout pris en compte toutes les difficultés que j’allais pouvoir rencontrer, je ne me suis même pas posé la question une seule fois à vrai dire. Comme à peu près tout le monde, je pensais que ça allait être facile, que ça n’allait pas être si différent de la France “bah oui, c’est l’Europe” (détrompez-vous !). TOUT, absolument tout est différent : la langue, la culture, le style de vie, les mentalités, l’administratif, la gastronomie… Et j’ai un petit peu trop sous-estimé tout ça, pensant que ça allait être la fiesta. Je suis aussi vite retombée sur Terre et je me suis vite rendue compte que la réalité était totalement différente. Tout recommencer à zéro, se retrouver seule sans connaître personne, laisser sa vie et ses habitudes pour un nouvel environnement totalement différent, ce n’est vraiment pas évident. Tout est question de temps et d’adaptation progressive. L’erreur que j’ai faite, c’est que j’ai pensé que j’allais pouvoir vivre ici à Malte comme je vivais en France, GROSSE ERREUR. Ce sont deux pays différents donc forcément le style de vie va être différent. Et ce n’est pas à toi d’imposer ton style de vie à un pays, c’est à toi par contre de t’adapter, de te renseigner, de t’intéresser à la culture locale et de faire preuve d’ouverture d’esprit auprès des locaux. Tu verras, ils t’accepteront très facilement comme ça.

Ensuite, je dirais que la barrière de la langue est compliquée à vivre au quotidien. Je parle anglais donc je peux communiquer facilement mais les locaux communiquent en maltais entre eux donc quand je suis qu’avec des Maltais, je ne peux pas suivre la conversation, et donc je m’ennuie beaucoup. Et c’est super frustrant.

Après, gérer l’administratif c’est pas hyper sympa non plus. Et encore, je viens d’un pays de l’UE donc les démarches sont relativement simplifiées. Mais à Malte tous ceux qui souhaitent rester plus de 3 mois sur l’île doivent faire les démarches pour obtenir une carte de résident (même les ressortissants de l’UE). C’est une démarche obligatoire pour ensuite pouvoir acheter une maison, une voiture, avoir droit à la sécurité sociale du pays, etc. Il faut donc bien se renseigner quel statut choisir, quels papiers il faut fournir, quelles démarches il faut faire afin de pouvoir faire sa demande. Etant donné que tout est en anglais, ça peut être un peu plus compliqué mais je dirais qu’il y a bien pire. J’ai réussi à avoir ma carte de résident en moins de 6 mois donc je ne vais pas me plaindre.

Et évidemment, last but not least : le fameux mal du pays. Là clairement tu ressens les mêmes symptômes qu’une dépression, tu n’as plus goût à rien, tu dors beaucoup plus qu’avant, “de toute façon ce pays c’est de la merde, je comprends pas leur culture” c’est le type de phrase que tu penses, tu lui trouves tous les défauts possible et inimaginable, tu ne trouves plus aucun sens à vivre ici. Fin bref, c’est clairement un état dépressif qui se déclenche au moment où tu commences à réaliser que tout n’est pas aussi simple que tu ne le pensais, que la culture est différente de ton pays, que tu ne peux pas vivre comme chez toi… Je ne vous cache pas que c’est une période assez noire, dans laquelle on n’est plus vraiment nous-mêmes. Mais avec un travail sur soi et du temps, ça s’arrange. Aujourd’hui, j’adore ma vie ici, j’ai fait de super rencontres et je commence à me faire à cette nouvelle culture petit à petit. Tout est loin d’être parfait, mais j’ai envie de te dire que la perfection n’existe pas et que ça ne sera jamais parfait. Il faut juste apprendre à vivre dans un nouvel environnement, à s’adapter, à prendre sur soi et tout roule. Avoir des coups de mou n’est pas une fatalité, c’est normal, il n’y a rien de plus normal que de se sentir mal de temps en temps. Il ne faut cependant pas oublier que c’est temporaire. L’expatriation n’est autre qu’une montagne russe au quotidien et on vit aussi bien de bons moments comme des mauvais et c’est ok. Depuis que j’ai compris ça, je vis au jour le jour, je m’écoute beaucoup plus et quand je sens que ça va pas et que j’ai besoin de faire une pause, je fais une pause. Puis le lendemain c’est reparti. Il ne faut pas chercher à comprendre le pourquoi du comment, parfois on n’a pas de réponse à tout et encore une fois c’est ok. Parfois, se reposer, partir faire un tour, faire du sport ou regarder une série c’est tout ce dont on a besoin pour aller mieux.

Ce que l’expatriation m’a apporté

Alors, maintenant que je t’ai partagé les difficultés, je vais te partager les points positifs, ce que l’expatriation m’a apporté. Ça m’a apporté pas mal de choses positives, OUI. Pour commencer, j’ai énormément appris sur moi, comme je te l’ai expliqué plus haut, j’ai découvert mon hypersensibilité grâce à l’expatriation, j’ai appris à plus m’écouter et à faire les choses en fonction de mes besoins et ça, tu ne peux pas savoir à quel point ça change tout. Faire les choses pour soi et non pas parce que machin, truc ou bidule a dit qu’il fallait faire ceci ou cela. Ensuite, je dirais que j’ai énormément gagné en maturité et en confiance en moi. Bah oui, papa et maman ne sont plus là pour me dire quoi faire, pour m’aider à faire les choses, etc. Je dois me débrouiller toute seule, et en plus dans une langue qui n’est pas la mienne. Je peux vous dire qu’il n’y a rien de mieux pour gagner en confiance et en maturité. Après, j’ai aussi appris à avoir une plus grande ouverture d’esprit et à voir un peu plus loin que le bout de mon nez. Avant, j’avais tendance à toujours vouloir avoir raison, mais aujourd’hui en vivant dans un autre pays, et bien j’ai appris à écouter ce que les autres avaient à partager. Parce que ce qui est vrai pour un Français, ne le sera pas forcément pour un Maltais et inversement. En soi, chaque personne a sa vérité et c’est important d’écouter ce que tout le monde a à dire. Qu’est-ce que ça m’a apporté d’autre ? Oui, j’ai enrichi ma culture générale en apprenant la culture Maltaise, son histoire, etc. J’ai aussi évidemment amélioré mon niveau d’anglais, vu que c’est la langue que je pratique au quotidien. J’arrive même à oublier certains mots français parfois haha. Et puis j’ai rencontré beaucoup de nouvelles personnes des 4 coins du monde et ça j’adore. A Malte, c’est tout à fait normal de se retrouver à une table d’une dizaine de personnes avec des origines différentes et il n’y a rien de mieux pour avoir une plus grande ouverture d’esprit.

Pourquoi j’en suis venue à vouloir aider d’autres femmes hypersensibles à mieux vivre leur expatriation/voyage ?

L’expérience peut être déjà éprouvante pour une personne non hypersensible mais pour une personne hypersensible ça l’est encore plus. Moi-même au moment où j’étais en difficulté, j’aurais aimé avoir du soutient et des conseils d’autres femmes dans la même situation. J’aurais aussi aimé qu’on me prévienne que ça n’allait pas être simple mais que j’allais y arriver. Il faut savoir qu’on aura beau parler de nos maux aux personnes non hypersensibles, elles ne pourront jamais comprendre ce que l’on ressent et vit ET encore moins si elles ne sont pas expatriées. Alors voilà pourquoi j’en suis venue à vouloir aider d’autres femmes dans la même situation que moi et qui ne savent pas quoi faire pour se sentir épanouies dans leur nouvelle vie !

Fin

Voilà pour ma petite histoire, j’espère que ça t’a plu. N’hésite pas à me laisser un commentaire pour me le faire savoir ou si tu as des questions ! 😊

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Je te remercie d’avoir pris le temps de me lire et te dis à très vite pour un prochain article !

Juanaxana

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